vendredi 16 août 2013

LE CHRONIQUEUR EXPRESS : ELYSIUM




"Premier film, premier coup de maître"
Pas facile pour le réalisateur de DISTRICT 9
de confirmer tout le bien qu'on attendait de lui
pour son second métrage : ELYSIUM
Pari gagné ?

22ème Siècle sur la Terre : les pauvres vivent sur une bidon-planète, et les riches vivent sur Elysium, un Olympe artificiel en orbite. Les pauvres ne sont pas contents, et les riches s'en foutent. Forcément, Matt Damon non plus n'est pas content, mais cette fois, il est.... plusieurs !

Ce sera la seule note d'humour de mon article, car dans ELYSIUM, on ne rigole pas. Du tout. ELYSIUM est en gros un film de SF des années 80, avec des effets spéciaux de 2013. Le message social est évident, les camps sont clairement définis, on est dans un actionner efficace au rythme enlevé (mais pas épileptique non plus).
La réalisation va à l'essentiel, même si on aurait aimé que certains "establishings shots" (plan d'exposition où l'on montre une vue générale d'un décor où va se passer une action) durent un peu plus longtemps. Les décors sont à ce propos réellement gigantesques, qu'ils soient réels (les bidon-villes remplissant aisément un format scope) que virtuels (Elysium; réellement magnifique et semblant sortir d'une illustration de roman de SF des années 70-80). A ce niveau là, pour 115 millions de dollars, le réalisateur Neil Blomkamp parvient à faire mieux que Gore Verbinski avec son "téléfilm" LONE RANGER à 250 millions !
C'est au niveau des scènes d'action que cela se gâte. Car si LONE RANGER à l'ampleur d'un épisode TV de LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE, au moins ses scènes d'action sont dantesques et réellement chorégraphiés, montées, cadrées, et grandes ! Dans ELYSIUM, on passe de MAD MAX à BABYLON 5 selon les scènes, le tout hélas parfois saboté par une caméra à l'épaule parkinsonnienne qui brouille la lisibilité à tel point, qu'on se dit que cela passera mieux sur un écran de smartphone ! Si de temps en temps, certains ralentis esthétiques, et quelques plans larges plutôt majestueux viennent poser l'action (sans la ramollir), dés que les corps à corps s'engagent, c'est la fête aux couleurs zébrées, aux flous abstraits, à la ligne d'horizon dansant la tectonique ! Bref, de la fausse "action pour le djeun'z chébran swag in, qui fait yo" !

Mis à part ce point (tout de même important dans un actionner), le reste est plutôt avenant. Le film à une réelle ampleur cinématographique, les acteurs sont à fond. On citera Jodie Foster en méchante très convaincante, mais dont la dernière scène est... "bizarre", limite incohérente avec le reste de ses actions dans la narration. A vous de juger. Idem pour certains raccourcis scénaristiques, qui sur le coup peuvent vous soulever le sourcil, et sera source de débats entres potes après la sortie de la séance. Belle prestation de Matt Damon également, éclipsé par la folie destructrice de Sharlto Copley, ici en méchant à la carrure massive. Le tout en totale contradiction avec ses rôles plus fragiles dans DISTRICT 9, où completement barrés comme dans L'AGENCE TOUS RISQUES, le film !
Si le réalisateur n'est pas avare de "ballades" dans les bidon-villes (course poursuite, fusillades, drames, etc...), on aurait aussi aimé que le décor même d'Elysium soit tout aussi exploité (un petite poursuite de navettes,  façon slalom entre les buildings dans la station ? Non ? Tant pis...). Enfin, ELYSIUM n'est pas non plus une resucée de HALO (autre projet avorté de Neil), ni même un hommage indirect de GUNMM au final, comme le craignaient certains fans s'exprimant sur le net dés la vison des premiers trailers. Le concept des "Riches en haut, pauvres en bas" existant depuis bien avant le cinéma de science fiction lui-même.

ELYSIUM, c'est donc bien. C'est pas génial, mais bien. C'est sympa. C'est pas marquant, mais c'est agréable. Il y à même de l'émotion qui passe lors de la dernière scène du film (mais chut ! ^^). Alors pourquoi ce petit sentiment de "oui, mais" ?
C'est juste que sa valeur d'appréciation est faussée de par le CV du réalisateur. Forcément, on ne"juge" pas avec la même clémence/sévérité une œuvre de James Cameron où de Max Pecas. Et là pour le coup, le réalisateur de DISTRICT 9 nous livre un joli film, mais ne nous gifle pas une seconde fois comme précédemment. On lui offrira alors une seconde chance de nous convaincre.... à défaut d'un trépied pour poser sa caméra !