jeudi 27 décembre 2018

SPIDER-MAN – INTO THE SPIDERVERSE – DU LARD AUX [spider] COCHONS ?




Dés les premiers teasers, j’étais hypé : une direction artistique innovante, un rythme alternant moment de plénitude et d’action pure, un character design somptueux, etc. Les bandes annonces se succédaient et la tension montait forcément. Enfin un blockbuster d’animation américaine qui réussissait à retranscrire l’inventivité de ses propres concepts design ? Car par exemple, quand on voyait les illustrations préparatoires d’Hôtel Transylvania, comment ne pas avoir été frustré par ce qui aurait pus être un classique instantané (même si le film final est sympathique) ?

Ce Spider-Man relèverait’il le défi ? La réponse m’est claire à la vision du film : OUI !

Oui le film est la claque tant annoncée et espérée. C’est beau, c’est malin, c’est émotionnel, c’est fun, c’est artistiquement très en avance sur la concurrence actuelle ! Pour les autres superlatifs, je vous laisse lire les milliers de commentaires fleurissant sur le net ! Inutile que j’en rajoute davantage car mon « Oui, mais » se dirige non pas vers le film… mais vous, spectateurs !


Car toutes les louanges que je vois ici et là émanent de personnes gravitant de près ou de loin dans les milieux artistiques… Mais quid du grand public ? Celui-là même qui aime la nouveauté mais pas le changement (comme en politique en fait). Car Dieu sait que nombre de créateurs en avance sur leur temps (enfin le temps du grand public) se sont plantés sur l’autel de l’expérimentation. Même le chantre du divertissement calibré s’y est adonné un temps et l’a sévèrement regretté ; à savoir : Disney ! Durant les années 80, la petite Souris tenta nombres d’œuvres qui sortaient de leurs sentiers battus tels que Tron, Taram ou encore Bernard et Bianca 2 ! Au mieux le succès d’estime était là, au pire, le bide était au rendez-vous. Et à plusieurs dizaines millions de dollars « l’essai », cela faisait cher !

Car oui, faire ce genre d’expérimentations graphiques coûte cher aux USA. Je ne parle pas des excellents direct-to-video de Warner/DC Comics qui sont de chouettes œuvres parfois subversives et fun ; et en ce sens, on serait tenté de rester entres esthètes pour apprécier ce bijou de Spider-Man animé… Mais voilà, il s’agit d’un film cinéma à 90 millions $, donc il n’y a pas le choix : il faut ramener du monde dans les salles ! Certains diront que Sony a les moyens de se payer de temps en temps un petit trip artistique à 100 patates histoire de redorer un peu son image de marque, entre deux couillonnades 100% boum boum et surfriquées. Certes. De même, un producteur, c’est avant tout un financier qui pense investir un minimum pour en engranger un maximum (chez nous ça donne des comédies « populaires »), donc « l‘art » dans tout ça, c’est bien… mais pas la priorité.


Et voilà que « sur un coup de folie », les mecs se disent : »Eh, pour se démarquer de la concurrence, on a tenté les scénarios alternatifs, plus de violence, plus d’FX… et si on tentait un trip artistique ? » Là encore, n’y voyez aucune vision fleur bleue de ma part, mais juste la constatation miraculeuse d’une conjonction d’éléments apparemment antinomiques qui pour une fois, ont donnés naissance à quelques chose de réellement beau, innovant et gonflé !

A nous, à vous, spectateurs, de leurs rendre leur signal pour leur dire qu’on est OK, qu’on est d’accord, qu’on en veut encore ! Car au moment où j’écris ces lignes, le 26 décembre 2018, le film cumule un box office mondial de 130 Millions $ ! Alors oui, « l’honneur est sauf », mais « l’honneur » les financiers ils s’en foutent dans un pays d’origine ou pour qu’un film soit considéré comme un succès, il faut qu’il rapporte 3 fois sa mise de départ ! Donc on en est très loin ! Donc bougez-vous en salles car chaque ticket compte !

On me dira - « Eh mec, c’est que du cinémaaaa, y’a des choses plus graves dans la vie, etc »
Je réponds alors – « Et rêver ducon, c’est pas important ? »
Bonne(s) séance(s) !