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samedi 7 novembre 2026

GODZILA [MINUS] ZERO – SANS [PLUS]



Godzilla Minus One fut une surprise cinématographique incroyable pour son époque, avec un spectacle dantesque fait avec 10 fois moins de budget qu’un blockbuster lambda US moyen, et une belle histoire dramatique sur la culpabilité et la rédemption ! Forcément, quand on annonça une suite DIRECTE de ce film (une première dans la saga historique), les attentes furent à la hauteur du mythe !

Et même si ce second film reste sympathique, je constate pour ma part que l’on est loin du miracle de Minus One…

Déjà il y a un problème de rythme. Ce n’est pas peu dire que beaucoup de films de montres nippons adoptent un rythme très lent ; ponctués par des scènes d’action fulgurantes. Minus One avait cassé justement cette tradition en adoptant un rythme bien plus efficace, sans jamais sacrifier à la profondeur de l’histoire, de ses personnages et de leurs traumas et espoirs.

Pour Minus Zéro, non seulement le rythme est moins bien maîtrisé, mais surtout les scènes de dialogues ne parviennent pas à relancer l’intérêt pour caractériser des personnages parfois caricaturaux, ou qui ont tout simplement déjà résolus leurs soucis dans le premier film. Ou quand on a déjà vidé le dentifrice, inutile parfois de presser le tube pour en sortir des restes…

Reste tout de même de très bonnes idées de scénario, notamment le fait qu’un certain personnage soit contaminé par l’ADN de Godzilla, relançant avec ingéniosité la chasse au monstre ! Certains pouvoir du monstre affrontant Godzilla sont franchement bien trouvés, comme celui de modifier la gravité autour de lui ! Cela donne des images incroyables comme des avions virevoltant d’entre des maisons arrachées du sol, à plusieurs centaines de mètres de hauteur ! C’est original, c’est très bien fait, et cela compense certains autres FX pour le coup complètement ratés comme toutes les scènes ou notre héro roule à moto sur un fond vert évident.

En tant que tel, Minus Zero est un film sympathique, souvent spectaculaire, et ingénieux dans ses péripéties avec les monstres. Cependant, on pourra soulever un sourcil de circonspection devant la façon dont les américains sont représentés dans ce film, et surtout à travers une scène impressionnante où Godzilla arrive… à New York ! C’est sur que quand la caricature exotique change de camps, cela peut faire grincer des dents…

Minus Zero est aussi plus violent et gore, et on montre la cruauté de la guerre, la réalité des victimes civiles des monstres, mais aussi de la bombe atomique d’Hiroshima. En ce sens le film est traité par certains comme une œuvre clairement nationaliste. Limite on aurait produit ce même divertissement en France, on aurait sans doute crié au Faccccchhhhisme, illustrant à merveille le fameux deux poids deux mesures à la française (ou si vous préférez : « Nan mais c’est pas parailllleeeuuuhhh, tu peux paaaas compareréheeeeuuuhhhh ! ») ! Sachant que le Japon victimaire présenté dans le film n’a pas été très tendre aussi avec ses voisins chinois et Coréens au début du 20ème siècle, on se dit que tout est question de pont de vue (et de soft power) au final…

Bref en tant que tel :
Est-ce un bon film ? Oui, c’est sympa.
Est-ce un bon Godzilla ? De ce que j’ai vu de la saga, on est dans le respect de la tradition.
Est-ce une bonne suite ? … Sans plus…