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lundi 27 mai 2024

FURIOSA – SUR LE BORD DE LA ROUTE…


Si le premier Mad Max des années 2000 m’avait satisfait sans m’enthousiasmer, j’espérais que ce second film m’embarquerait enfin… Pour au final me laisser également sur la route.

Je reviens rapidement sur le premier film : Survendu, spoilé à outrance via les trailers (mais là c’est ma faute en tant que spectateur), porté par une horde de fans hurlant à qui veut l’entendre que ce film était le retour du vrai, du concret, Fury Road était au final une belle démo technique à plus 1600 plans à effets visuels totalement invisibles (en même temps, quand on a une post prod deux fois plus longue que la moyenne des autres blockbusters, c’est un minimum). Alors oui le film était très joli, les cascades chouettes (mais bon, si vous voulez des cascades vraies et originales, matez les productions télévisuelles de la société Action Concept), l’histoire n’était qu’un prétexte à une ambiance, un souffle épique, et pour au final me laissant un « moooouuuuiiii, pourquoi pas ?»

Qu’en est-il donc de sa suite, qui est en fait une préquelle ?

Exit les effets visuels photo réalistes pour un rendu que certains diront ratés, d’autres diront « graphiques ». Le souffle épique, les cadrages impeccables, tout est de retour dans Furiosa… A l’exception d’un scénario qui multiplie les trous de narrations béants. Et pour en savoir plus, il va donc falloir spoiler, à vous de voir si vous voulez directement passer à ma conclusion, où lire ce qui suit pour vous faire douter de me crucifier au pilori.

Prêt ?
[SPOILER]

Alors je précise déjà que non, je ne reproche pas à un scénario d’être simple. On peut avoir de jolies histoires simples, mais pas simplistes, avec un tout cohérent.  Là, c’est au niveau des raccords que ça pêche, et pas qu’une fois ! 

Commençons déjà quelques rajouts de péripéties qui ne font que rallonger la sauce (la gamine s’enfuit, se fait rattraper, la maman qui joue à Mister T en bricolant une moto, etc.) et qui m’ont empêchés de vraiment rentrer dans cet univers post apo, où apparemment les tempêtes de sables ne vous piquent même pas les yeux (scène de l’évasion de Furiosa gamine avec sa mère). Le fait aussi de conduire une moto sur sol instable à une main, et ainsi de suite. Oui, il y a pire comme facilités, mais au bout d’un certain nombre, la suspension d’incrédulité demande a être achevée…

Vient donc le premier trou béant du scénario : L’enfant Furiosa est donc abandonnée à Immortal Joe qui semble très intéressé par elle. Elle parvient à s’enfuir… Et tout le monde s’en fout. Pas de recherches, d’alertes, pas une scène ou les méchants se disent que ce serait bien de la choper, etc. Rien. Nada. Woualou. Suivant !  OK…

Les années passent, Furiosa fait partie des ouvriers de la forteresse. On ne sait pas d’où elle vient, comment elle a fait pour d’intégrer à eux, on s’en fout. OooooK…

Ensuite Furiosa devenu une ado burnée, elle s’enfuit, et se lie d’amitié avec le Mad Max camionneur du film. Elle devient son associé. Et pareil : Tout le monde semble s’en foutre. Elle débarque à nouveau de nulle part dans la forteresse, personne ne pose de questions, personne ne la reconnaît parmi les ouvriers (elle s’est enfuie la veille, mais bon, pas grave…), etc. Ca commence à faire beaucoup, non ? 

Furiosa et son pote sont capturés par Thor, elle est attachée à la grue d’un monster Truck, se trouvant au milieu d’une horde d’une bonne centaine de motards qui vont traîner Max le camionneur au sol. D’ailleurs même si c’est un personnage principal, il meurt hors champ, pas un seul plan sur son corps, rien, nada, on s’en tape. Et bien sûr, quand le brouillard de sable soulever par les motards se dissipe… On découvre :

1 – Furiosa s’est enfuie
2 – Elle a saboté une roue du monster truck (comment, avec quels outils, etc.)
3 – Elle a une grosse moto, a traversée la ronde des motards et est à au moins 10 km de son lieu de détention…

Sérieux… Et on me casse les pieds avec les aberrations des Fast and Furious et autres Resident Evil de Paulo Anderson ? SÉRIEUX ? Oui les franchises que je viens de citer c’est du GROS nawak ! Mais c’est fait POUR ! Mad Max c’est du 1er degré bordel, pas une parodie involontaire !

Passons maintenant à la scène finale. Qui n’en est pas franchement une, puisque pas de méga baston épique, juste un champ de corps, et surtout Furiosa et Thor qui discutent de leurs destins respectifs. Alors les scènes finales anti spectaculaires avec juste des dialogues, j’aime bien aussi. Comme par exemple dans Constantine où encore Bienvenue à Gataca. Mais là on a deux piliers de bar qui n’ont rien à dire, où si peu, où des banalité du genre « Tu deviendras un méchant comme moi, Furiosa, foi de Joke… » Ah pardon, je confonds.

[SPOILER END]

Voilà… Donc on a encore une fois une très belle démo de mise en scène, surtout dans les scènes d’action bien entendu. Oui c’est spectaculaire, oui c’est trépidant, oui c’est épique… Oui, MAIS : est-ce mieux que la concurrence ? En Occident peut-être. Maintenant si vous fouillez du côté de l’Asie où des Indes, mouif c’est rigolo…

Sinon les acteurs sont au top, la version gamine de Furiosa est impeccable, Anya fait a du charisme, et Thor en fait des caisses mais c’est sympa de le voir faire un Thor pos apo rigolo. Les FX ne m’ont pas franchement plus dérangés que ça, on reste dans une moyenne haute quand même.

Et voilà…
Voilà, voilà…
Bon.
ET ?

Émotionnellement, pas grand chose, le seul personnage important qui meurt dans le film, on s’en fout car il est clamsé hors champ, le scenario ne nous apprends pas grand chose de plus (ni d’original) sur le pourquoi du comment Furiosa est devenue une héroïne « légendaire ».Donc, je n’ai pas été embarqué plus que ça. Reste un agréable divertissement qui m’aura laissé sur le bord de la route plusieurs fois. Mais sinon oui, c’est joli. Oui, c’est vrai, c’est joli. ‘faut le dire…
Vivement Fast & Furious 11, c’est con, très con, mais au moins je ressentirai une émotion quelconque, même de la connerie rigolarde.…

mardi 14 juillet 2015

LE CHRONIQUEUR EXPRESS : MAD MAX - FURY ROAD



Je suis le premier à fustiger les aigris, les blasés de la vie, où encore ceux qui tentent d’assassiner le gamin aux yeux constellés d’étoiles qui réside en eux. Mais voilà, je viens de voir le fameux Mad Max que certains décrivent comme étant LE messie cinématographique qui fait la nique aux blockbuster commerciaux balisés et banalisés.

Alors voilà : Mad Max, c’est bien.
Juste… bien… Si si, c’est bien… Voilà…

Superbe scope, magnifique photo, superbes cascades, persos charismatiques. Bref, intrinsèquement, c’est un superbe (je l’ai déjà dit ?) film. Mais je n’ai pas été emporté par la liesse générale… La faute sans doutes, au fait que toutes les cascades les plus impressionnantes étaient déjà dans le trailer. Donc je n’ai jamais été surpris au visionnage du métrage final. Et puis bon, OK, les cascades sont certes dantesques… Et je sais que ce que je vais dire va en titiller plus d’un… Mais niveau cascades plus impressionnantes, j’ai vu pas forcément plus grand, mais surtout plus original et plus fou... dans Alerte Cobra (et c’est de la série TV allemande, les mecs). OK, l’esthétique du film renvoi la photo grisâtre du show allemand au rang de spectacle de fin d’année de maternelle. Mais en terme de destruction pure, de recherche d’originalité de comment détruire des monstres de métal… Bin j’ai vu mieux ailleurs, et avant.
Si vous voulez un équivalent au cinéma, bin revoyez Permis de Tuer, un James Bond avec Thimoty Dalton. Et voyez ce qu'on pouvait faire en terme de cascades de camions dans les années 80. Et là pas de trucages numériques les mecs, 4 camions, 4 destructions massives, avec une explosion finale tellement énorme que l'équipe de tournage à dut filer en vitesse pour se mettre à l'abri !
On me réponds qu’à part les cascades, y’à rien comme scénar dans Alerte Cobra (et autres productions de la société Action Concept). Là je tousse, et je réponds : "OK… Mais retire les scènes d’action de Mad Max, il reste quoi ?" OK, de chouettes personnages (le nombre de fan arts de Furiosa pullulant sur le net atteste de la popularité mérité du personnage), porté par une direction artistique et un souffle épique énorme, des paysages grandioses (souvent numériques, hein – plus de 1200 plans truqués quand même), de belles symboliques sur la vie, la mort, la mémoire, l’instinct primal d’un pur plaisir cinématographique, etc…

Donc, c’est évident et je le répète : intrinsèquement, j’ai vu un BON film. Un très bon film même.
Mais je ne suis pas de la fête, désolé. Et quelque part, ça m’attriste…

A revoir peut-être dans quelques années, à tête reposée, quand la hype sera passée…