Ce n’est pas parce que tout le monde déteste quelque chose, que vous êtes obligé de la détester également. Et ce n’est parce que tout le monde aime quelque chose, que vous êtes obligé de l’aimer à votre tour.
Et là pour coup, malgré les critiques dithyrambiques, la reconnaissance de ses pairs, la réputation sans faille de son créateur, le statut culte du western américain, voici que j’ai tenté le film mythique et maudit : LA PORTE DU PARADIS !
Et autant le dire d’emblée : NON, je n’ai pas aimé.
PIRE, j’ose assumer et dire que c’est tout simplement un beau gâchis !
Commençons par un peu d’historique. United Artists est dans la seconde moitié du 20ème Siècle LA société de production américaine destiné à donner aux artistes les moyens de leurs ambitions, et ce sans retenues ! Alors c’est bien beau de laisser les artistes s’exprimer, mais l’on comprend vite qu’un producteur n’est pas qu’un requin de la finance sans jugeotte, c’est aussi un coordinateur d’une ligne éditoriale artistique, et surtout guidant les désirs créatifs de ses artistes. Et donc, après plusieurs échecs cinématographiques dut à certaines frasques d’auteurs débridés, United Artists est au bord du gouffre ! En 1980, l’entreprise jette alors dans les salles obscures sa dernière cartouche : le western LA PORTE DU PARADIS de Cimino ! Avec un budget colossal de 44 Millions de $ (soit plus 150 Millions en 2026 au vu de l’inflation !), ce film fut un bide commercial retentissant… Et je dois le dire, franchement mérité.
Sorti dans une première version tronquée au cinéma de 2h30, le film se verra petit à petit reconstitué pour atteindre de nos jours, la durée définitive de 3h36 ! Et malgré cela, non seulement le rythme du film confond clairement contemplation et longueur (mais cela reste subjectif), mais surtout son scénario n’a strictement AUCUNS SENS ! RIEN ne va, aucun évènement n’a de cohérence dans la narration, les personnages prennent les décisions les plus stupides de leurs courtes vies, ou tout simplement font des actions qui n’ont aucune logique crédible ! Et ce n’est pas l’esthétique impeccable du film, ni son impressionnante scène finale (seul moment de bravoure très réussi du métrage) qui le sauvera des excentricités scénaristiques de ses auteurs.
Pour appuyer mon propos, il me faut ainsi conter quelques exemples incluant hélas des spoilers. Et promis, cela durera moins de 3h36 !
Commençons par notre personnage principal ayant fait de brillantes études d’avocat, pour finir 20 ans plus tard dans un patelin paumé du Far West. Il ne nous faudra pas moins d’une heure et demi de film pour ENFIN comprendre qu’il s’agit d’un shérif qui vit dans un hôtel de migrants avec comme résidence secondaire un bordel de péripatéticiennes. Alors que Michael Cimino mette une éternité à présenter un contexte narratif, il l’a déjà fait avec brio avec son film VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER en 1978. Sauf que dans notre western, ça ne fonctionne jamais, du fait d’un scénario incohérent au possible.
Reprenons notre histoire : Notre shérif apprends fortuitement qu’un complot gouvernemental vise à éliminer des migrants anarchistes parce que…. Euh, on sait pas (et on s’en fout au final). Notre Shérif est surpris par nos complotistes… qui le laisse partir rejoindre son patelin…. OK, pourquoi pas ? Alors va-t-il prévenir ces infortunés compagnons ? Non plus. Euh… et il va faire quoi alors ? Et bien il va prendre du bon temps avec sa nana proxénète (qui est sur la liste des cibles désignées au passage). Et la veille de l’attaque des complotistes, notre bon shérif va ENFIN prévenir la population du danger ! Pourquoi maintenant, et pas avant, juste histoire de se préparer ? On sait pas non plus… S’ensuit alors un jeu de cache-cache ridicule entres les mercenaires des complotistes et les habitants. Pendant ce temps, un des copains du shérif veut prévenir les habitants de l’arrivée des méchants et part précipitamment à cheval les rejoindre… Sauf qu’il décide de piquer une sieste dans la prairie… et les méchants le rattrape et le bute ! POURQUOI il pique une sieste à ce moment-là de l’histoire ? On sait pas non plus.
Voilà, le mot d’ordre du film est : ON SAIT PAS !
ON SAIT PAS pourquoi il se passe tel évènement, et ON SAIT PAS pourquoi tel personnage fait telle action. TOUTES LES DÉCISIONS de TOUS les personnages n’ont AUCUNES LOGIQUES ! Ça fait des allers retours entre la ville des migrants, des fermes, des prairies, des trains, et ça s’entrecroise dans un bordel indescriptible ou chacun va prévenir l’autre. Alors, OK, mettre en scène le chaos pour donner un peu de réalisme, pourquoi pas ? Sauf que ça ne fonctionne jamais et cela dure une éternité. Tel personnage rejoint tel personnage, mais décide que non au final. Pourquoi ?... Vous avez deviné : ON SAIT PAS. Tels méchants passent un deal avec un gentil pour le buter au final… Sans que le deal soit conclu. Donc cela n’a servi à rien. Super. A quoi a servi cette action ?… ON SAIT PAS. Et au bout d’une heure interminable de chaos inintéressant et bordélique, dans la dernière demi-heure du film, tout le monde se rassemble ENFIN (les gentils et les méchants. Car oui les méchants n’ont aucune tactique aussi. Pourquoi ? ON SAIT PAS) pour s’organiser une scène finale grandiose et pour le coup, superbement mise en scène !
Car oui, le film est BEAU ! la photographie est somptueuse, certains décors sont justes monumentaux (tout est construits en dur, avec des milliers de figurants réels), les cadrages sont la plupart du temps superbes, et chaque scène prise INDÉPENDAMMENT les unes des autres, fonctionne à merveille… Mais JAMAIS dans un ensemble au service d’une narration finalement plus décousue que jamais. Restera une scène finale très réussie et COHÉRENTE dans sa mise en scène et sa narration à la fois dantesque et émotionnelle.
Le sentiment d’un immense gâchis perdure à la fin du visionnage, un chaos jamais maîtrisé ni intéressant, faute d’un minimum de logique auquel le spectateur peut s’accrocher, des personnages incohérents qui semblent chercher leurs dialogues dans les feuilles d’un scénario éparpillé aux quatre vents dans la prairie. A ce niveau-là, je pense immanquablement au fiasco ridicule (mais rigolo) de MEGALOPOLIS d’un Coppola en roue libre. Mais au moins pour MEGALOPOLIS, on était prévenu par la réputation désastreuse du film. Pour LA PORTE DU PARADIS, son statut d’œuvre culte et incontournable restera pour moi un mystère…
Bref… JE SAIS PAS !
Et là pour coup, malgré les critiques dithyrambiques, la reconnaissance de ses pairs, la réputation sans faille de son créateur, le statut culte du western américain, voici que j’ai tenté le film mythique et maudit : LA PORTE DU PARADIS !
Et autant le dire d’emblée : NON, je n’ai pas aimé.
PIRE, j’ose assumer et dire que c’est tout simplement un beau gâchis !
Commençons par un peu d’historique. United Artists est dans la seconde moitié du 20ème Siècle LA société de production américaine destiné à donner aux artistes les moyens de leurs ambitions, et ce sans retenues ! Alors c’est bien beau de laisser les artistes s’exprimer, mais l’on comprend vite qu’un producteur n’est pas qu’un requin de la finance sans jugeotte, c’est aussi un coordinateur d’une ligne éditoriale artistique, et surtout guidant les désirs créatifs de ses artistes. Et donc, après plusieurs échecs cinématographiques dut à certaines frasques d’auteurs débridés, United Artists est au bord du gouffre ! En 1980, l’entreprise jette alors dans les salles obscures sa dernière cartouche : le western LA PORTE DU PARADIS de Cimino ! Avec un budget colossal de 44 Millions de $ (soit plus 150 Millions en 2026 au vu de l’inflation !), ce film fut un bide commercial retentissant… Et je dois le dire, franchement mérité.
Sorti dans une première version tronquée au cinéma de 2h30, le film se verra petit à petit reconstitué pour atteindre de nos jours, la durée définitive de 3h36 ! Et malgré cela, non seulement le rythme du film confond clairement contemplation et longueur (mais cela reste subjectif), mais surtout son scénario n’a strictement AUCUNS SENS ! RIEN ne va, aucun évènement n’a de cohérence dans la narration, les personnages prennent les décisions les plus stupides de leurs courtes vies, ou tout simplement font des actions qui n’ont aucune logique crédible ! Et ce n’est pas l’esthétique impeccable du film, ni son impressionnante scène finale (seul moment de bravoure très réussi du métrage) qui le sauvera des excentricités scénaristiques de ses auteurs.
Pour appuyer mon propos, il me faut ainsi conter quelques exemples incluant hélas des spoilers. Et promis, cela durera moins de 3h36 !
Commençons par notre personnage principal ayant fait de brillantes études d’avocat, pour finir 20 ans plus tard dans un patelin paumé du Far West. Il ne nous faudra pas moins d’une heure et demi de film pour ENFIN comprendre qu’il s’agit d’un shérif qui vit dans un hôtel de migrants avec comme résidence secondaire un bordel de péripatéticiennes. Alors que Michael Cimino mette une éternité à présenter un contexte narratif, il l’a déjà fait avec brio avec son film VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER en 1978. Sauf que dans notre western, ça ne fonctionne jamais, du fait d’un scénario incohérent au possible.
Reprenons notre histoire : Notre shérif apprends fortuitement qu’un complot gouvernemental vise à éliminer des migrants anarchistes parce que…. Euh, on sait pas (et on s’en fout au final). Notre Shérif est surpris par nos complotistes… qui le laisse partir rejoindre son patelin…. OK, pourquoi pas ? Alors va-t-il prévenir ces infortunés compagnons ? Non plus. Euh… et il va faire quoi alors ? Et bien il va prendre du bon temps avec sa nana proxénète (qui est sur la liste des cibles désignées au passage). Et la veille de l’attaque des complotistes, notre bon shérif va ENFIN prévenir la population du danger ! Pourquoi maintenant, et pas avant, juste histoire de se préparer ? On sait pas non plus… S’ensuit alors un jeu de cache-cache ridicule entres les mercenaires des complotistes et les habitants. Pendant ce temps, un des copains du shérif veut prévenir les habitants de l’arrivée des méchants et part précipitamment à cheval les rejoindre… Sauf qu’il décide de piquer une sieste dans la prairie… et les méchants le rattrape et le bute ! POURQUOI il pique une sieste à ce moment-là de l’histoire ? On sait pas non plus.
Voilà, le mot d’ordre du film est : ON SAIT PAS !
ON SAIT PAS pourquoi il se passe tel évènement, et ON SAIT PAS pourquoi tel personnage fait telle action. TOUTES LES DÉCISIONS de TOUS les personnages n’ont AUCUNES LOGIQUES ! Ça fait des allers retours entre la ville des migrants, des fermes, des prairies, des trains, et ça s’entrecroise dans un bordel indescriptible ou chacun va prévenir l’autre. Alors, OK, mettre en scène le chaos pour donner un peu de réalisme, pourquoi pas ? Sauf que ça ne fonctionne jamais et cela dure une éternité. Tel personnage rejoint tel personnage, mais décide que non au final. Pourquoi ?... Vous avez deviné : ON SAIT PAS. Tels méchants passent un deal avec un gentil pour le buter au final… Sans que le deal soit conclu. Donc cela n’a servi à rien. Super. A quoi a servi cette action ?… ON SAIT PAS. Et au bout d’une heure interminable de chaos inintéressant et bordélique, dans la dernière demi-heure du film, tout le monde se rassemble ENFIN (les gentils et les méchants. Car oui les méchants n’ont aucune tactique aussi. Pourquoi ? ON SAIT PAS) pour s’organiser une scène finale grandiose et pour le coup, superbement mise en scène !
Car oui, le film est BEAU ! la photographie est somptueuse, certains décors sont justes monumentaux (tout est construits en dur, avec des milliers de figurants réels), les cadrages sont la plupart du temps superbes, et chaque scène prise INDÉPENDAMMENT les unes des autres, fonctionne à merveille… Mais JAMAIS dans un ensemble au service d’une narration finalement plus décousue que jamais. Restera une scène finale très réussie et COHÉRENTE dans sa mise en scène et sa narration à la fois dantesque et émotionnelle.
Le sentiment d’un immense gâchis perdure à la fin du visionnage, un chaos jamais maîtrisé ni intéressant, faute d’un minimum de logique auquel le spectateur peut s’accrocher, des personnages incohérents qui semblent chercher leurs dialogues dans les feuilles d’un scénario éparpillé aux quatre vents dans la prairie. A ce niveau-là, je pense immanquablement au fiasco ridicule (mais rigolo) de MEGALOPOLIS d’un Coppola en roue libre. Mais au moins pour MEGALOPOLIS, on était prévenu par la réputation désastreuse du film. Pour LA PORTE DU PARADIS, son statut d’œuvre culte et incontournable restera pour moi un mystère…
Bref… JE SAIS PAS !









































